Projecteur sur Olivier METRA

Par Danièle

Olivier Métra est né à Reims le 2 juin 1830. Son père, Jean Baptiste, était originaire de Lyon ; après de bonnes études de droit, il fut avocat, mais quitta la profession pour devenir comédien et suivre une troupe nomade. Il existait alors des « troupes d’arrondissement » qui habitaient Paris pendant l’hiver, puis dès les beaux jours, s’en allaient donner des représentations de ci, de là, à Corbeil, Etampes, Beauvais, Rouen, Reims, Le Mans. Jean-Baptiste Métra jouait à Reims quand Olivier vint au monde. La troupe alla ensuite au Mans, où l’enfant fut baptisé.

Il joua, dès l’age de cinq ans, des bouts de rôles dans une foule de pièces sur les théâtres de province – rôles d’enfant, de petit garçon ou de petite fille, selon les besoins de la scène. En 1842 il débutait à Paris, au théâtre Comte, maintenant théâtre des Bouffes Parisiens. Olivier Métra, qui était destiné par son père au métier d’acteur, y jouait les « premiers gamins ». Il avait douze ans quand il se sentit musicien : un violoniste d’orchestre de sa connaissance lui avait prêté son violon. Chaque fois qu’il le pouvait, il s’exerçait tout seul, et au bout de quelque temps sut à peu près manier un archet. Il attire l’attention d’un autre musicien de l’orchestre, Edmond Roche, qui fut son premier professeur et le fit entrer au Conservatoire. 

Les offres d’engagement ne tardèrent pas à venir au jeune musicien, qui fréquentait « la Bohème » de la rue des Martyrs. Il entre d’abord comme violoniste à l’orchestre d’un théâtre minuscule, situé vers le quartier Mouffetard, le théâtre Marcel, puis est demandé comme chef d’orchestre au théâtre Beaumarchais. En 1849 il dirige les musiciens d’un établissement populaire, le bal Robert, boulevard Rochechouart.

A cette époque, il écrivit sa première valse « Le tour du monde », qui fut vendue pour 25 francs à un éditeur. En même temps, Métra suit au Conservatoire la classe d’Ambroise Thomas et remporte le premier prix d’harmonie. Pour gagner sa vie, il donne des leçons au cachet. Vers 1855, il entre au service des Frères Mabille, qui avaient fondé en 1844, dans l’actuelle avenue Montaigne, le bal Mabille, devenu en peu de temps l’établissement de danse le plus en vogue de la capitale.

Ils le transformèrent en une sorte de jardin enchanté, utilisant, c’était une nouveauté, l’éclairage au gaz sur tout le terrain, ce qui permit d’ouvrir le bal le soir et pas seulement l’après midi. Les bosquets étaient éclairés par des globes de verre teinté, des guirlandes lumineuses, des girandoles suspendues aux arbres…

En 1863 Olivier Métra composa la « Valse des Roses ». Il la vendit 150 francs à son éditeur, qui a gagné en la vendant plus de deux cents mille francs – dont pas un sou n’est revenu à Métra, son œuvre étant entrée dans le domaine public – mais lui a donné la gloire.

En 1865 il ouvrait le Château des Fleurs, sis plus haut sur les Champs-Elysées, réservé à l’origine aux concerts et où les musiciens jouaient sur une estrade couverte en forme de conque. 

C’est en ces lieux que Métra bâtit sa renommée, en composant ses valses les plus célèbres : Gambrinus, la Nuit, La Sérénade-valse espagnole, la Vague, Espérance…

En 1867, il fut choisi pour conduire les bals du Châtelet, qui l’engagèrent en exclusivité pour leur saison, il remporta un tel succès que le foyer fut converti en deuxième salle de danse. 

En 1872 il fût placé à la tête des Folies-Bergère qui annonçaient ainsi leur programme : « tous les soirs à 8 heures, spectacle varié, opérettes, ballets, pantomimes, travaux de voltige, acrobates, Olivier Métra et son orchestre ». 

Dans les contrats qui le liaient aux Folies-Bergère, Olivier Métra avait la possibilité de diriger d’autres orchestres. De 1874 à 1876 il dirige les Bals du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles.

En 1877, il est nommé directeur des Bals de l’Opéra pour remplir, avec Johann Strauss, les fonctions de chef d’orchestre des bals masqués. Il a conduit seul en 1878 la musique dansante de notre grande scène lyrique. 

Il est le seul compositeur français dont les valses peuvent être comparées aux plus entraînantes compositions viennoises. C’est par Johann Strauss et Olivier Métra que la valse fut le mieux exprimée; leurs œuvres étaient d’une élégance exquise. 

Au Beau Danube Bleu de Strauss, nous pouvons opposer Les Roses et la Vague de Métra.

Nous sommes heureux et fiers de jouer cette année sa Sérénade-valse espagnole.